28 mai 2007
love exposure - 2
Voici la suite du précédent post sur deux
«phénomènes» love, même si dissimulant chacun une sous-pente
charnue à tendance méditative poussée sur les classes sociales, re- et OUI !! oO
Le Second : Lady
Chatterley (et son homme des bois), film de Pascale Ferran selon H.D Lawrence
Description officielle : …… je sais plus. Suffit d’aller
voir sur allociné..
Bien plus plaisant que le premier love exposure, quelle n’est pas notre surprise à la sortie de voir
les +2h48 qui se s’affichent sur le téléphone qu’on rallume. Les toutes
premières images sont belles parce que simples et bien filmées. Nous présentant
des mises au point de l’objectif sur une goutte d’eau au premier plan dans un
magnifique décor flou et forestier au second. (une équipe de déco était spécifique
au tournage à l’automne : ce doit être pour ça !).
Les premiers
dialogues sont là pour nous mettre devant l’évidence que le scénario n’est pas tout
à fait débile mais qu’il veut nous finement nous amener à considérer le
contexte dans lequel nous devrons situer l’histoire qui va suivre. Ceci en nous
en laissant conter par d’anciens combattants anglais de 14/18 sur « comment
peut-on courir sans tête ? » ou « mourir parce qu’on est resté
trop longtemps sans soins après s’être fait arracher les deux pieds par une
explosion » oO (heureusement le film ne traite pas de ce problème en
profondeur) Film plutôt lent mais pas mou. Plutôt love mais pas mièvre.
L’actrice Lady C. (qu’on appellera Constance) mérite les récompenses qu’elle a
pu toucher. L’homme des bois (ou garde-chasse), qu’on n’appellera pas parce
qu’il ne fait pas partie de la haute (et là se rejoignent les problématiques
sur la société et ses classes : Cf. Jardin
d’amour ci-dessous) fait preuve d’une belle
« bourrue attitude » mais cache dans les premiers temps un
humour bien à lui. Que je ne qualifierai pas (non, n’insistez-pas !) de
« fin » ou « piquant » (voire truculant pour les adeptes…)
mais juste.. bon ! Bon, en vérité je me demande si la réalisatrice avait
placé ces quelques répliques énormes pour alléger une situation de
« love » quasi-omni-permanente, pour produire quelques bons éclats de rires
dans les (petites) salles (où c’est passé). Toujours est-il qu’entre les scènes
d’amour où on pouvait entendre deux mamies se sussurer « quoi !! il
dort déjà là ??!! » après que l’homme ours eût honoré la dame en se
reposant sur elle trop rapidement, deux fous rires avaient bien du mal à
stopper au fond de la salle.
25 mai 2007
love exposure - 1
Traitant tous deux d’amour, je présente ici un rapport
succint sur deux «phénomènes» love ; même si dissimulant chacun une
sous-pente charnue à tendance méditative poussée sur les classes sociales o_O
(et oui!)
Description officielle : Jardin d’amour s’inspire des
jardins à la française et convie le public à s’engager dans un surprenant
voyage. Dans le « jardin » – entre frondaisons, fontaines et bosquets - les
visiteurs découvriront un étrange ballet amoureux… Yinka Shonibare
MBE poursuit ici sa réflexion sur l’identité et l’histoire, au croisement
de ses deux cultures d’appartenance. (MBE pour Member of British Empire)
Outre l’erreur à mon sens – et pas qu’au mien – d’avoir
monté ce jardin en intérieur, cette expo est globalement bien décevante.
Content de s’être trouvé une raison pour passer – enfin – voir ce musée imaginé
et rêvé par notre ex (président), je pense que l’expo permanente vaudra son
pesant d'arachide la prochaine fois. Cette
fois-ci il s’agissait d’un labyrinthe artificiel que l’on aurait aimé trouver
romantique à souhaits, mais qui du fait de cette « en vase clos »
attitude, des résonances liées à la salle, du sol synthétique (linoléum ou pas loin du lino), des
lumières articifielles derrière les canisses qui couvraient
l’ensemble des chemins exigüs dans lesquels on croisait des enfants criants et
trébuchants… bref de ce fait, lorsqu’on trouvait un pseudo-hâvre de paix sur un
banc posé devant l’une des trois scènes reprises en 3D de tableaux de
Fragonard, on n’était pas comblé et la love attitude ne pouvait s’avérer paraître
au rendez-vous.
Il paraît que l’artiste juxtapose des images dès ses
débuts. Images du British Museum et appareils électroménagers et
« défie le spectateur de le situer dans l’un ou l’autre des
registres ». Pourquoi pas. Ici la seule originalité, outre le labyrinthe
couvert déjà mentionné et les têtes coupées des personnages (donc c’est
plus la seule effectivement J): les costumes que ces derniers portent : du wax
et des dessins nous évoquant mondialisation et capitalisme sur des tableaux
présentant une certaine idée (surement pas fausse) de la noblesse d’une époque
révolue (celle des privilèges). Ca alimente les réflexions. C’est pas mal, mais
le wax ne valait pas la visite. Une juxtaposition (encore!) de copies des
tableaux de Fragonard n’aurait pas été de trop comme me l’a fait remarquer une
âme avertie.
& Reprenant
les commentaires pros :
«Cette
installation souligne que la traite des esclaves favorisait l’insouciance, le
libertinage, la liberté d’esprit et l’opulence propres à l’aristocratie
française ; comme le dit l’artiste lui-même, désireux de faire réfléchir le
public, il y a toujours un prix pour le plaisir» : Je suis d’accord et
c’est mis en évidence
«Elle
établit aussi une relation sous-jacente entre le désir de maîtriser la nature,
qui s’exprime dans l’art du jardin au XVIIIe siècle» : je le cherche
encore
«Et
la volonté de civiliser les «sauvages» » : celle-là il faut aller
la chercher
«Elle
s’interroge enfin sur les conséquences actuelles du colonialisme, notamment
dans la diaspora» : Ca j’étais trop fatigué et trop close-minded
pour ne serait-ce que l’effleurer du cerveau
16 mai 2007
la parisienne de base - part 2
Et qu’en
est-il de la
parisienne de base dont le second post s’est fait attendre tel un
passage en cabine au H&M des Halles un samedi après-midi. (Faut pas non
plus être barré au point de passer au H&M des Halles un samedi PM me
direz-vous : effectivement il ne s’agit bien là que d’un masochisme tout
emprunt de démence dépensière hebdomaire).
Qu’en
est-il donc d’elle ? S’est-elle encrassé ?? Certainement pas !! Elle
s’affaire à maintes choses, préparant pour l’été son sac et l’ornant des plus
belles parures dénichées ça et là ou simplement convoitées sur quelque blog fashion
de renom, ou transparues dans le dernier Cosmo,
Vogue ou juste Elle. (j’en passe et des meilleurs)(Et des moins bons)
Car non
contente de flâner : pas contente parce qu’une vague de froid s’abat sur
la capitale ces jours-ci -> elle ne flâne donc pas et ne peut dévoiler ses
plus courts atours (car l’été sera court (merci deedee) (jupes courtes,
robes courtes, shorty ..) et coloré). La parisienne - de base - commence
néanmoins à chiner pour l’été. Je n’ai pas encore les couleurs mais elles sont
ouvertes (ou rouges ou bleues): flashy, teintes écorchées ou non : du vif
du vif du vif. Tendances de tuniques vert métallisé aux jardins de bagatelle d’un
bleu élyséen. Mois d’août rouge cerise et juillet rose aux couleurs des
fleurs de ces mêmes fruitiers en version japonaise.
Pourrait-on
reprocher à la midinette (au sens large et non péjoratif) de manquer d’originalité dans
son approche vestimentaire ? C’est à juger au « cas par cas» (© Nico.S) m’asséneriez-vous.
Certes. Mais quand même : modèles historiques de Converse, leggings, ballerines,
marinières ou que sais-je.. du repris, retenté, rhabillé et anti-risqué. Bon on
aime si une différenciation est évoquée par la jeune femme via un détail qui
tue.. ou plus. Ou si émane d’elle une simplicité telle qu’elle surpasse les
époques et les jugements éventuels de ses contemporaines qui y retrouvent
théoriquement toujours à redire (en bien autant qu’en mal d’ailleurs). Sinon
tout compte fait la parisienne de base suit la mode de l’une des plus grandes
capitales européennes, erre sur l’asphalte de ces larges trottoirs du 6e à la
recherche d’une reconnaissance visuelle de ses pairs : mais si t’es comme
les autres : ta seule qualité sera de ne pas être (trop) has been
(extérieurement tout au moins)..
Que penser
donc de cette matière à discussion (et à penser) qui constitue (à 87%) la vie d’une
parisienne de base et qu’est .. la mode ? : Du bien, si elle lie à
son apparence une manière d’être, à un mouvement inspiré, un minimum d’originalité,
une classe inhérente (qu’elles se concèdent volontiers entre elles lorsqu’elles
le voient, sans préjugés). Ne pas faire que reproduire ce que l’on voit ou se
cacher derrière les tissus qui se vendent le plus et tremper ses pieds dans des
sandales argentées qui, si elles étaient vendues chez les disquaires, seraient disques
d’or depuis des semaines.
Je crois
que le vêtement pour la parisienne de base (et bon nombre de parisiens : oui:de base)
consitue, au sein de cette jolie petite capitale beaucoup trop chère : où des
apparts peuvent se vendre jusqu’à 27000 euros le mètre carré (le 81 Avenue
Victor Hugo est à vendre par lots depuis ce matin pour les intéressés..), l’un
des enjeus majeurs de notre temps.
Merci à
Francis et Miss Tic : l’artiste de rue si ce n’est le plus connu, du moins le
plus inspiré de notre coin.
15 mai 2007
job attitude

Et qu’en
est-il de tous ces entretiens d’embauche qui vous rendent parfois la France
triste
De ces RH
qui se font détester d’emblée en murrant chacune de vos invectives par « Les
questions c’est après ! C’est moi qui les pose pour
l’instant » : belle preuve de la necessité d’un relationnel à toute
épreuve dans votre entreprise ma petite dame. Charme et ouverture vous
caractérisent. Ceci vous imposant, à la question : « et maintenant
est-ce-que vous avez des questions à me poser ? » de cloturer
l’entretien par un « non, je pense que je vais y aller, merci, bonne
fin de journée ».
De ces
hommes qui viennent vous chercher 3/4 d’heure après l’horaire prévu, au moment
où justement vous revêtiez votre manteau. Qui ne s’excusent, ne se présentent
ni ne vous saluent, vous font monter et tentent de donner un sens aux premières
vraies paroles qu’ils vous adressent, sens paumé quelquepart dans une phrase du
type « Vous connaissez la différence entre héritage et polymorphisme en
java et en C++ ?? ». Et vous perdez une seconde fois tout intérêt à cet
entretien comme de toute manière le sujet abordé est bien loin des aspirations
professionnelles vers lesquelles vous tendiez.
De ces
patrons de PME qui vous disent lors d’une première entrevue :
-
« ah, vous n’avez pas voulu refaire cette dernière année alors que tout le
monde le fait. Ce cursus pour moi c’est l’école de l’excellence.. je pense donc
qu’on ne va pas pouvoir travailler ensemble parce qu’ici on prône l’excellence..»
- «
Effectivement je pense aussi qu’on ne pas pouvoir travailler ensemble,
excusez-moi de
Tout
désolé qu’on est d’avoir fait 1 heure de transport pour 2 minutes d’entretien,
on reste au moins certain de n’avoir rien manqué. La certitude comme bien de
temps en temps
Et perdues
parmi une palanquée d’autres plus corrects mais dont seule la thune est
l’attrait aux yeux du recruteur. La thune qu’il peut y gagner et celle qu’il
peut ne pas perdre grâce à la position de faiblesse dans laquelle vous vous
trouvez en fin d’études et au fait que les négociations liées sont intenables
de votre partie. 1er entretien : « Alors vous nous avez
proposé ça, vous seriez près à descendre jusqu’à combien ». 2e
entretien « alors la dernière fois, vous nous avez proposé ça, il faudrait
encore qu’on revoit un peu cette proposition de salaire à la baisse… » ..
et mon fut, souhaiteriez-vous aussi le voir à la baisse ?
Enfin.. on
apprend, on se fait raccompagner en caisse par un recruteur d’un client chez
qui notre présence même était aussi sensée que celle d’un phoque dans les
gorges du verdon. Et on apprend.
Finalement,
le seul qui marque notre attention jusque là, qui trouve notre propos juste,
franc et le seul intéressant est celui que l’on choisit et qui nous choisit. Un peu comme les relations amoureuses dans le meilleur des cas :
on sait ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas, au point de passer à côté
d’expériences diverses (manques dont la gravité dépend à 100% de la
personnalité et des envies) et quand quelquechose passe ou se passe, qu’on ne
se pose pas de questions parce que l’évidence est là, qu’il y a une
réciprocité, c’est.. juste simple. Voire beau. Comme l’on pensé les Beatles, les choses simples sont souvent les plus belles. Ou
pas :)
14 mai 2007
Internet au centre des débats
Retour
rapide d’extraits de tchat non pas glanés ça et là mais tirés d’un site unique :
bash,ibouzouk
Quelques
extraits :
<Yenni>
j'aimes bien ton pseudo quand meme ^^
<Maid> -_-
<Maid> bon j'dois y aller...
<Yenni> attend une minute maid !
reepe : (je ne vote pas PS)
reepe : (d'ailleurs je ne vote pas tout court)
El-Klan-Destino : Lâche. Il FAUT voter, ça devrait être obligatoire tu dois
exercer ton devoir de citoyen vis-à-vis de la République.
reepe : j'ai pas l'age
El-Klan-Destino : Bonne réponse
<Nonolerobot>
moi j'aime bien jouer aux dames ^^
<Elnino> oui j'suis pas fan des jeux de plateau
<Nonolerobot> non, ca veu dire que j' ai une meuf et que j'en profite
sexuellement parlant, d'ou "jouer aux dames", une methaphore quoi !
<Nonolerobot> et toi tu joues a quoi ?
<Elnino> aux echecs >_<
<la_grenouille> t'a l'air fatigué
<Ellie> J'ai pas que l'air
<la_grenouille> de quoi?
<Ellie> Fatiguée
<la_grenouille> de quoi fatigué?
<Ellie> Ben j'ai pas que l'air fatiguée
<la_grenouille> ah ok
<la_grenouille> t'a l'air quoi d'autre?
<Ellie> ...
<Ellie> Non rien, laisse tomber.
<la_grenouille> putain on t'a jamais appris a texprimer clairement?
<Ellie> Non, je devais être absente ce jour là.
<la_grenouille> ou ça?
Shetan : tu savais qu'il y avait une fac pour les + de 50 ans qui était ouverte
depuis des années en France ?
Saki : nan mais c'est bon à savoir
Shetan : ouais, ils sont 500, yen a jamais plus de 150, ya 2-3 intellos qui
écoutent, le reste dort, joue aux cartes, fout le bordel... comme les jeunes
quoi
Saki : mdr excellent
Shetan : C'est l'Assemblée Nationale
<chimai> Avant d'installer linux, mon ordinateur plantait tout le temps,
les filles me fuyaient, je n'avais pas d'amis ni de vie sociale, et j'avais des
boutons.
<chimai> Maintenant, mon ordinateur ne plante plus.
* Policeman has joined
<Policeman> Les mains en l'air ou je tire !
<zemzele> Meme pas peur!
* Policeman tire
* zemzele has quit IRC (Client Quit)
<Policeman> Qui veut être le prochain ? Les mains en l'air j'ai dit !
* Negouai \o/
* Sino-dono \o/
* Ushiwa-girl \o/
* Kenta \o/
* Coran \o/
<barberouss> une geekette, c'est comme une CG dernière technologie. C'est
super attirant, ca chauffe pas, ca cohabite avec ton PC, mais c'est quasi
innaccessible.
<fingah> Et ca sert à rien à part pour les jeux...
(RaHaN_) c'est nul le test de cyberdépendance : "1) J'allume mon
ordinateur sitôt levé(e)." Je suis obligé de répondre "non", je
l'éteins jamais
(Marcolas) hey soixante comment va alice ?
(Marcolas) et son gros bide
(soixante) mais IL T'EMMERDE MON GROS BIDE
(soixante) ah
(soixante) j'ai mal lu pardon
(soixante) bah elle va bien
12 mai 2007
EXTRAITS 003

Je hèle un taxi. La 406 s'arrête. Je me penche pour
saluer l'armoire d'ébène qui conduit et scrute la couverture du Cosmopolitan
laissé sur la banquette avec un coin corné. Des bikinis sur la couverture,
"les préférez-vous négligés, musclés ou bronzés" : tout un programme,
mais l'été est loin. Mon impasse se dévoile. 9 euros 80 : j'aurais tenu les
10. Je salue la copropriétaire du deuxième
que je ne connaîtrai jamais. 4 tours de clefs. J'entre. L'entrée n'a pas
changé. Alors pourquoi cette appréhension devant la porte chaque fois que je
m'apprête à rentrer.
Allongé sur le lit. La couverture est chaude. Froid
d'automne et plus rien ne m'importe. Ne m'importune non plus. J'ai la vague
impression qu'une déferlante d'indifférence s'est abattue sur moi. Mes volets
sont cassés et je ne vois plus dehors. Je me rappelle mon prénom et tente de
joindre Charlotte. Je me relève d'ennui. Elle est dispo, fraîche et semble
motivée pour passer dans ce coin retiré du monde qui nous a vu grandir. Je la
rejoins en caisse devant l'île enchantée.
Plus tard, plus loin. L'endroit a changé à nos yeux.
-
Alors ? tentai-je
Comme
ces blocs gris mais brillants dont on a fait des bancs étaient tout ce qui
restait de leurs plus belles années, Elle tenta de lire les gravures récentes
que d'autres avaient écrites. Les traces fines et blanches de l'inscription
altéraient à peine la surface lisse :
"-
Si les feuilles rougissent, c'est qu'elles sont humiliées, lourdes et si
esseulées qu'elles préfèrent se joindre à celles déjà tombées".. J'ai
toujours pensé que les feuilles rougissaient parce que le soleil les brûle.
Tout l'été il les cuit et les coups qu'il leur inflige n'agissent qu'avec un
peu de retard.
- Et ceux-ci sont si forts qu'elles succombent
après coups ?!
- Rien de pire que ce qui arrive à
retardement"
Un
courant d'air ventait une odeur étrange pour cette saison et cette température.
Fin Octobre battait son plein. Cette odeur se dissipait dans l'humidité. La
saison des étrennes approchait
"-
Froid pour un mois d'octobre
- T'as
pas pris d'autres fringues, Débile !?
-
Je suis une petite fille, on doit prévoir pour moi. Attends que je devienne
mère, et comme toutes les mères je penserai à tout. Tu lis en ce moment ?
-
Prend ma polaire. Fait pas plus d'cinq là. Je vais relire un Malraux"
Daniel
projetait à cette époque de relire les réalités et les comédies du monde.
Le seul qu'il avait lu donc qu'il pouvait relire. Il la rattrapa des yeux. Elle
l'avait distancé dans sa course et ses pensées. Elle courrait comme une fille.
Nonchalamment, mais elle retenait ses deux ailes de vêtements de chaque côté :
Un K-way blanc et un bandeau qui confinait ses cheveux. Un peu plus loin elle
reprenait sa démarche habituelle : un buste en forme de femme, des hanches de
future mère, longiligne jusqu'aux genoux, triangulaire en dessous. Ses deux
jolis mollets semblaient se dévisser par le haut. Son expérience et sa
perspicacité n'étaient plus seules à jouer de sa beauté, ses défauts
anatomiques occupaient tout autant le créneau.
-
Tu fais quoi ? re-tentai-je
Elle
entendit et ne dit rien comme dans tous ces moments où l'on a plaisir à être
pris pour cible par une question mais que les efforts pour répondre sont partis
répondre ailleurs. Des amis ils en avaient tous deux mais n'offraient pas leur
temps comme on offre un calendrier de l'année passée. Ils préféraient se le
partager mutuellement, sachant que le temps de l'autre était quelque chose
d'infiniment précieux, ils avaient l'impression d'y gagner au change.
- Viens.. imposa Charlotte
Elle
souhaitait élever le débat et des enfants ensuite. Elle devait trouver le père.
Ou le voir simplement. Leurs étés avaient été chauds et colorés. Faits de
piqûres d'insectes, d'insecticides et évidemment, ils rêvaient comme tout être
humain conscient du rapport étrange qui lient certaines bestioles à l'homme,
d'une moustiquaire. La moustiquaire sur baldaquin. Elle avait tant aimé ces
films d'époque - quelle époque ? - dans lesquels la déco
Indochinoise mixait rustique et exotique. Gracieux.
"-
On passe chez Nathan
- Où
est ta Mustang ? "
La
caisse. la boite à gant et les boîtiers de cassettes et les cassettes sans
boîtiers.
"
- Triture pas les portières. Celle de la place du mort est condamnée. Rentre
par là.
- Bien sûr. Je vais derrière, tu feras le
taxi.
- Pareil derrière. Ou passe par le coffre
- Je connais pas le code du coffre
- 3 portes sur 4 sont condamnées pour pas que
tu t'échappes après l'accident qu'on aura. et pour être sûr qu'on ne puisse pas
nous sortir de là avant d'y être passés tous les deux
- Tu projettes de nous envoyer contre un
arbre
- Tout en finesse.
- Il trouve ça drôle. Drôle de con
- Passe ça
- C'est quoi
- Attends qu'on entende
- On entend le craquement des vinyles, c'est
un vinyle en forme de cassette dans un auto-radio
- Bessie Smith. Roule.
- Roule ta bosse carabosse ou je
cabosse ton carrosse"
Quelle heure ? J'ai fait la sieste ? Oreilles vides : quelle musique ? trop de musique, penser à en revendre pour ne plus perdre du
temps à choisir dans ces dédales de piles. Ai froid. Vais mettre Antartica en
chauffant du lait. Dans quel monde vit-on ? Quelqu'un frappe. Quel con n'a pas
vu la sonnette
"
- Dany. Charlotte. Quelle heure chers amis ?
- l'heure idéale, parce que je le vaux bien
- Il est tard. Supra tard. J'en avais presque
oublié jusqu'à votre existence. Schtroumfez à l'intérieur
- Nathan..
- Vous buvez quoi ?
- Du thé indiqua Charlotte
- Du con
- Oui ?
- Je voudrais un grand verre de glaçons avec
de l'eau
- Asseyez-vous, je vais vous chercher ça.
- Je pars bientôt. Vacances ou je ne sais
quoi.. proposa Daniel
- Un coup de tête ou .. quoi ?
- Non merci pas tout de suite.
- Sérieusement.
- Vacances.. ou exode
- ...Voilà vos gobelets. Alors.. tu vas où ?
- Sais pas. Plus ou moins loin je pense. T'as
un peu à manger aussi ?
- Y à manger dans le frigo. Va voir. Prends
ce que tu veux.
-
Dany, tu sais où je rêve
-
Ton Lit?..
-
D'où je rêve ?
-
Non, Charlotte ?
-
Pas plus
-
Afrique du Sud. L'Est de l'Afrique du sud. Enfin là, tout de suite. D'hab, je
pense plus à l'Islande
-
Pour les vacances ? s'inquiéta Daniel
-
Non, pour plus. Plus tard. Bon j'y vais
-
++ "
Daniel rentre chez lui. En veilleuses : Ses codes ne
marchent plus. Décidément Novembre approche. Une pluie fine dont il se demande
un instant s'il ne s'agit pas de neige tellement il fait froid. Déjà. Quelques
minutes de calme dans l'espace. L'atmosphère de ce cockpit unique. Au monde, on
ne peut la vivre qu'en entrant. Par le coffre. Une ambiance tamisée par la couleur des portes, un beige
assoiffé, l'odeur des mégots consumés il y a trois ans laissés dans le cendard
et surtout le son de "Peaches" ou de "Golden brown"
des Stranglers, de Bessie Smith ou tout autre artiste maintes fois encensé, par
des HP détériorés au travers desquels seules quelques basses transitent. Sur le
chemin du retour ce soir là, Il répudie Bessie pour écouter Snow in summer.
Pense à l'été. A une fille et au temps. Il se disait qu'on voit le temps qui
passe par le temps qu'il fait et se demande pourquoi seule la langue française
tenait compte de ce rapport. Paris l'attend. Et il invente des lois, des
règles. Pour sa conduite. Comme il se trouve étrange. Il devient sociable à
force de l'entendre. Parce que le monde l'exige. Célibataire. comme il l'écrit
dans tous ses papiers. Pas suffisamment de charges donc impossible de
bénéficier des réductions d'impôts par la loi de Robien. Ni Borloo.
Il s'est encore fait appeler au boulot cette semaine
:
- "Bonjour monsieur nous sommes de la société Immotruc-muche.
Je vous appelle pour vous proposer un entretient gratuit avec l'un de nos
consultants pour vous conseiller dans la réduction d'impôts et l'investissement.
Je vous dérange ?
- Un peu mais je veux bien vous écouter encore un
peu.. Je suis un vrai fumiste et j'en avais un peu marre de travailler.
- Oui, si tant est que vous avez suffisamment de
charges pour que ça puisse être intéressant. Et que l'on puisse étudier votre
cas avec la loi Borloo, pensez-vous pouvoir être intéressé ?
- C'est gratuit ?
- Oui
- Pourquoi pas..
- Dans ce cas j'ai besoin de connaître votre nom.
- Telorb
- Votre salaire..
- 2500 euros
- 2500, d'accord.. et me faudrait aussi vos
charges.. vous êtes locataire, propriétaire..?
- locataire.
- Votre loyer ?
- .. 730 euros..
- Ok, 730.. je calcule.. 6 - 3 + 15 * 45 / 9.. ok
bon ça a l'air bon. Je note votre nom. Quand pensez-vous pouvoir recevoir un de
nos consultants. Il se déplace...
- lundi midi.. pas chez moi par contre.. vous êtes
où ?
- Levallois..
- Oula.. bon on peut se donner rendez-vous devant la
gare Montparnasse.. avec numéro..
- Pas pratique..
- Bon bref, il va passer à votre boulot. Lundi midi,
ça va ?
- Oui... on fait comme ça
- Ok. Un charmante dame avec une très jolie voix va
donc vous rappeler dans la journée pour confirmer cet entretien.
- D'accord, merci. Par contre est-ce que je peux
savoir comment vous avez eu mon nom SVP ..?
- Par un annuaire ..
- Ok..
- Donc Une charmante dame va vous rappeler dans la
journée pour confirmer cet entretien.
- Ok.. merci. Mais excusez moi encore.. je comprends
pas comment vous avez eu mon numéro professionnel perso..
- Ah je sais pas. Vous savez nous on reçoit des
listes de là haut..
- Comment voulez-vous que je sache ?
- Euh.. je disais ça comme ça
- Vous auriez pu le dire autrement pensez-y
- C'était naturel, excusez-moi.
- Pas de problème... c'est vrai : chassez le naturel
il revient avec une clef à molette pour resserrer les boulons..
- Hein ?!...
- Merci, bonne journée.
Clac.
Charlotte s'endormait chez Nathan et s'y réveillerait surement. Elle rêva cette nuit là
08 mai 2007
Issus de faits réels
Extraits du Net ou "quelques bouts de vie dans cette belle cité interdite que constitue la conscience des internautes."
oebob : Heureusement que je relis ma lettre de motivation pour ma candidature,
je l'avais terminée par "Bisous" Oo
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Rabbitman : ça me fait penser à la Pizzaria pas loin de chez moi
Rabbitman : ça s'appelle "Forno Presto"
Rabbitman : à chaque coup je lis "Porno Presto"
Rabbitman : et leur slogan "j'enfourne" contribue à semer le doute
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iizno : y a quoi a la tv ce soir ?
r-313 : téléthon sur fr2, fr3 ... et sur tf1 aussi
klk : sur les 3 chaine ?!?
r-313 : bah ouai, tf1 election miss france, donc des thons, fr3 thalassa,
encore des thons, et fr2 téléthon
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gasp : j'aimerais bien etre un PC des fois ...
lulu : pk ?
gasp : pour redémarer ma vie en mode sans échec
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Raziel : t'es modo ?
NaDa : non, mais presque...
Edika : presque ? T'es un quasi-modo alors
NaDa : ...
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mercobenz : je crois que le gaz fuit chez moi mais je sens rien
kirjap : allume un briquet
mercobenz : ouais bonne idée, si y a une grosse flamme c'est que oui
mercobenz : atoute
kirjap : MAIS NON REVIENS ABRUTI
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freak : pk tu parle come une intélmote
freak : intélote
freak : lol
Satine : Je ne parle pas comme une intello, j'écris en français.
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Tcpip : J'ai tellement "pas d'amis" que même les spams ils m'écrivent
pas
07 mai 2007
Frenchy Votes
Alors
les résultats pays par pays (et après on fera région par région et département par département)
Ce que je
vois, c’est :
- Qu’en Afrique
du sud il faisait chaud : tout le monde hier était parti soit à la plage
voir les pingouins, soit dans les frais petits bourgs de Johannesburg prendre
un Brandy glacé en terrasse.. (parce
que oui c’est bon le brandy glacé mais c'est meilleur en terrasse)
- Qu’en Albanie
on a la vague (mais claire) impression que le nombre de français n'est pas aussi élevée que celui des descendants d'Abraham (qui je vous le rappelle est évalué au nombre d'étoiles dans le ciel un jour où Sarra le regardait 2000 ans avant J-C, mais elle n'y voyait plus trop mima à 77 ans) Bref ! Peut-être
ont-ils eu peur de s’inscrire sur les listes? Pas attractif l’Albanie ?
Pas sexy ? Evidemment que si! Tyranna .. tout un programme
- Qu’en Allemagne on est super nombreux. Ces invasions n’en finiront donc
jamais ??!!.. C’est top pour l’amitié franco-allemande. J’aime bien les
allemands. Je dis ça.. ben oui je dis ça.
- Qu’en
Arménie on a voté Royal à 20%. Mon Guigui (qui a un nom qui finit en « chian»)
si tu nous lis.. non le reste n’est pas parti en bouts de papiers suscrit «Bayrou»
: il était rentré dans le Béarn hier sorry. (Mais le limousin reste un très
beau pays et ses vaches de belles limousines)
- Qu’en
Biélorussie il y a des français o_o.. non seulement qui vivent, mais mêmes
quelques-uns qui votent !
- Qu’en
Afrique le candidat en tête dans tous les sens du terme varie d’un pays à l’autre.
On ne sait plus où donner du chef ! Euh.. bon.. d’accord.
- Qu’aux Etats-Unis,
la participation fut super faible à mon sens mais Nico a su se vendre lors de
son voyage aux frais du contribuable semble-t-il. Le capitalisme c’est surtout
ça en fait. Un projet. Se vendre plus pour gagner plus.
- Qu’en
Chine, étrangement Sarkozy l’a emporté d’une grosse longueur.. (fait des grands
pas avec ses petites jambes le bougre!). C’est au moment de traduire « bravitude»
en chinois dans les médias là-bas que ça n’a pas dû passé..
- Qu’au
sud-ouest (non pas dans le Béarn !!), en Amérique du sud on a du PS
en Bolivie et de l’UMP au Brésil. J’aurais tout mis à gauche moi. Déjà sur les
cartes, c’est vachement à gauche comme région..
- Que les
pays scandinaves votent plutôt à gauche : je dirais qu’ils sont contents
des femmes au pouvoir dans leur pays ce qui est tout à fait légitime… dans leur
pays.. ils ont une longueur d’avance eux aussi, après ne faut-il pas imposer
quelques conditions bien placées lorsque l’on souhaite mapper un concept qui
marche ?..
- Qu’en Espagne
on est à 50/50 pile et que c’est pas si souvent (le ti-punch c’est plutôt
1/3-2/3. Et la sangria je sais pas. La flamenco c’est du 100% par exemple..)
- Qu’au Canada
ça se discute, ça se dispute et ça penche à gauche.
- Et qu’au
Turkménistan on vote plutôt à droite mais un peu à gauche aussi..
Et ce que je
vois surtout c’est que Royal restera soit sur le devant de la scène politique,
soit à tout jamais un nom de couscous, et que dès demain j’achète des actions
Karsher à Wallstreet, Frankfurt ou dieu sait où c’est coté.
06 mai 2007
saint-lunaire
Echantillons Lunaires
04 mai 2007
Still Life

Un article
choppé sur Wikipédia relate quelques critiques encenseuses (par les vrais : les pros) décelant dans
Still Life une ribambelle de qualités qu’on ne trouverait nulle part ailleurs.
« .. travellings comme les tracés de pinceau d'un peintre… nostalgie,
au dérarroi existentiel et social, impasses sentimentales. [...] Jia Zhangke
est fraternel d'instinct avec les petites gens et laissés-pour-compte qui ont
enregistré la chanson fétiche de leur passé comme sonnerie de portable ».
Effectivement mais les laissés-pour-compte ont-ils le monopole de la nostalgie.
I mean.. oui certaines scènes nous projettent du triste à la gueule : voir
tous ces chinois en slip nous suffit pour être affligé. Pas parce qu’ils sont
en slip : il faisait chaud. Mais parce que leurs slips ne sont ni des DIM kangourou (comme dans la pub avec le
mec qui court sur la plage), ni le dernier boxer hype de chez H&M mais des
bouts de tissus bleu-ciel informes qui leur arrivent au nombril. Le genre
d’idée confirmée dès l’une des premières répliques du film : « quels
connards ces pauvres » accompagné d’un rire gloussé général dans la salle.
Je veux
dire là-dessous – parce que je vois bien que c’est pas clair ce que je raconte
- que la larmoymance neurasthénique (c'est clair ça ? :) dans laquelle on veut nous faire couler dès
les premiers instants de projection a provoqué chez moi, excepté sur quelques
rares passages, une réaction contraire. Tendant à me faire penser comme dans
les meilleurs sketches cyniques sur la pauvreté (Cf. Timsit) : « ils
ont mauvais goût les pauvres.. avec leurs voitures de pauvres, et leurs habits
de pauvres.. et maintenant leurs slips de pauvres » tellement c’était
abusé. Même la pauvreté de l’esprit à laquelle on veut nous confronter
lorsqu’au début du film on s’apitoye sur le cas de l’anti-héros qui passe pour un
attardé qui se fait raquêter.. alors qu’en fait pas du tout.. si si il se fait bien raquêter, mais il a toutes ses
facultés mentales le menteur.. le mineur (ben oui on est pauvre quand on
est mineur) !! même cette pauvreté spirituelle, cette
dèche de motivation là chez le bonhomme, ben non… pas réussi à la prendre
au sérieux.
Un des
passages qui m’a le plus choqué est une scène de travail sur une plate-forme de
forage où on voit explicitement que le réalisateur a voulu filmer les chinois
au travail. Dix chinois tapant sur des vis énormes déjà enfoncées et sur de
gros tuyaus métalliques. J’avoue.. pour n’avoir pour l’instant pu hériter que d’une
partie de la fibre bricolistique parternelle (mais je compte perséverer) que je
ne sais pas trop à quoi rimait ce florilège de gestes bruyants. Les tambours du
Bronx eureut été aussi efficaces et mieux synchronisés.
Et un
ensemble de tableaux qui se succèdent sans liens entre chaque. Quelques
soucoupes voltantes par-ci par là. Bon.. pourquoi pas. C’est toujours rigolo
les soucoupes volantes au dessus du Yang Tsé Kiang..
Bref, on
était deux. On n’a rien pané. Bon.. au moins moi :)
Lion d’Or
à Venise sous la présidence de Deneuve, elle juge : « Tous les
jurés ont été surpris par la qualité de ce film car il contient tout ce qui
nous plait : la beauté de photo, la qualité de l'histoire, les
personnages. Vraiment un film spécial ».
Oui il y a
2/3 beaux plans, un scénario qui pourrait tenir la route 66 et des personnages…
un peu taciturnes. Mais on est quand même bien loin d’un In the mood for love, Yiyi, à la verticale de l’été (même si je ne
me souviens plus si je l’ai vu) pour la qualité globale du film ou d’un Hero, tigre&dragon ou le Dolls japonais pour l’esthétisme pur et
simple.




















